Roses anciennes, anglaises et autres…

Quand on est au milieu des roses, on en prend le parfum.

— Proverbe russe.

Je ne suis pas originale en disant que j’aime les roses: cet amour est si évident qu’il en deviendrait presque banal!
Pour ma part, j’ai commencé à aimer les rosiers anciens et les rosiers anglais pour leur beauté, leur générosité, leurs parfums, puis j’ai découvert les roses françaises, allemandes et autres qui ont toutes des qualités particulières irrésistibles.
Ces roses, comme les pivoines, représentent pour moi les fleurs romantiques par excellence…
La majorité de ceux qui ont été plantés dans notre jardin sont nés dans les serres de David Austin, ce formidable obtenteur de roses dont je reparlerai, et qui nous a quittés en décembre 2018, transmettant le flambeau à son fils.
Ils ne sont bien sûr pas les seuls créateurs de roses anglaises, mais leurs rosiers sont réputés et abondamment primés pour leurs multiples qualités parmi lesquelles leur résistance aux maladies.
Les rosiers anglais sont loin d’être les seuls à vivre dans notre jardin.
Au fil du temps et des cadeaux qui me sont offerts, j’ai commencé à découvrir les producteurs français, allemands, espagnols…
En principe, pour qu’un rosier soit planté dans le Jardin d’Ecriplume, il doit avoir une qualité essentielle: son parfum.
Sa résistance, sa beauté, les mille pétales et les couleurs comptent aussi, bien sûr… mais il m’est impossible de résister au parfum fruité ou capiteux…
Voici quelques perles des lieux, que je détaillerai au fil des pages…
J’oubliais: le Jardin d’Ecriplume se trouve en Franche-Comté, dans le département de la Haute-Saône…

Ecriplume

Contact: ecriplume@gmail.com



My Sweet Rose

John_William_Waterhouse_-_The_Soul_of_the_Rose,_aka_My_Sweet_Rose

Peu avant que ne commence notre déménagement, en 2017, mon Capitaine m’a adressé cette photo sur Facebook, la légendant en me disant que je pourrais bientôt m’enivrer du parfum des roses.
Retrouvant le côté romantique que j’aime tellement chez les peintres anglais, j’ai cherché à savoir si quelqu’un connaissait celui qui a peint cette toile.
Emilie, la fille de l’une de mes amies très chère, m’a répondu qu’il s’agissait de John William Waterhouse.
J’ai cherché… il s’agit bien d’un peintre britannique (1849 – 1917) qui s’inspirait de la littérature et de la mythologie pour peindre ses tableaux.
Celui-ci s’appelle My Sweet Rose.
L’artiste a beaucoup peint les femmes, et celle qui apparaît sur cette toile a également servi de modèle pour plusieurs autres.
Si j’ai retrouvé la trace de Jane Morris, celle qui avait posé pour lui beaucoup de ses tableaux, il ne me semble pas que ce soit elle que l’on voit sur celui-ci…

J’aime revoir cette photo.
Depuis que nos roses fleurissent dans notre jardin, je ne compte pas le nombre de fois où j’ai répété le geste de cette dame…

Ecriplume

Capri

Capri faisait partie de mes cadeaux d’anniversaire, ce printemps 2019.
Deuxième rosier offert par l’oncle et la tante de mon mari, il ne faisait pas partie des rosiers que je connaissais.

Il a été planté dans la plate-bande longeant le poulailler, et j’ai observé son évolution…
Avec le temps, j’ai appris qu’il s’agissait d’un rosier allemand, créé par Tantau.
Je crains que la place que nous lui avons choisie ne lui plaise pas vraiment…
Si ce courageux rosier nous a donné quelques très belles fleurs pour sa première année chez nous, il est resté très petit et n’a pas prospéré comme il le devrait.
Ce qui est d’autant plus frustrant qu’il est annoncé comme ayant une croissance vigoureuse.
Je crains que cette bande de terre soit inconfortable ou trop pauvre pour lui malgré les enrichissements qui lui ont été apportés, et je compte donc demander à mon Capitaine s’il serait possible de le déplacer, tout comme son voisin, Geoff Hamilton qui peine, lui aussi.
Situé à côté de l’entrée du poulailler, mon pauvre petit Capri est très exposé à certains inconvénients posés par… les oiseaux.
Ils sont plusieurs dizaines à fréquenter cet endroit précis où ils vont picorer la nourriture des poules dès que j’ai le dos tourné.
Ils se perchent sur le grillage vert et en profitent au passage pour se soulager… sur les rosiers placés là, souillant innocemment le magnifique feuillage bien vert de Capri.
Autant dire que je ne pense pas qu’il regrettera de quitter cette place peu enviable…

Ecriplume

A savoir: 

  • Type de Rosier: Hybride de Thé / Rosier à grandes fleurs allemand
  • Obtenteur: Rosen Tantau
  • Année de création : 2014
  • Appellation:  Rosa x Hybride « Capri »
  • Autre nom commun: Capri
  • Port: Buissonnant
  • Collection: 
  • Couleur: Abricot – rose corail aux reflets oranges
  • Parfum:  Parfum de miel et d’abricot
  • Floraison: Remontante
  • Fleur: Grande, très pleine, de forme ancienne.
  • Résistance aux maladies: Très bonne.
  • Hauteur: 70 – 100 cm
  • Largeur:  80 cm
  • Feuillage: semi persistant, très sain.
  • Conseil de taille:  De Novembre à Décembre. La taille d’automne est une taille longue d’entretien non obligatoire. La taille de printemps à la sortie de l’hiver se pratique à 2 à 3 yeux (bourgeons) sur les branches charpentières du rosier grimpant.

Besoins:

  • Type de sol:  Normal
  • Climat: Tous
  • Exposition: Soleil, mi-ombre

D’où vient son nom?
Aucun renseignement précis sur le choix de ce nom que l’on imagine lié à l’île de Capri.

Que faire des rosiers d’intérieur en hiver?

J’ai toujours l’impression que ces petits rosiers offerts de temps à autres par des amis de passage sont un peu mal aimés.
J’en ai déjà parlé, je sais… et je crois que je n’ai pas fini de le faire!
Parce que, pour ma part, je le aime beaucoup…
Désormais, il fait très frais dehors.
3° ce matin et un maximum de 7° annoncés dans la journée… l’heure est venue de penser à rentrer ces mini rosiers pour l’hiver.
Nous ne les avons pas mis en pleine terre, de peur qu’ils ne supportent pas les pics de la météo.
Le rosier ci-dessus va vivre son deuxième hiver avec nous, après avoir bien profité de l’été pour fleurir abondamment.
Ce qu’il continue à faire…
Dans ce pot, il n’y a pas un mais trois rosiers qui fleurissent à tour de rôle: rose foncé, jaune et rose pâle
Les soins que je leur ai apportés tout au long de cette année semblent leur avoir convenu: ils n’ont jamais été aussi en forme.
Dans l’autre pot ont été plantés les trois rosiers si beaux au moment de leur achat, cet été.
Ils affichent leur mine automnale, moins triomphante, mais sont toujours couverts de

boutons fragiles et gavés d’eau que je ne suis pas certaine de voir fleurir.
La pluie abondante de ces dernières semaines a beaucoup abîmé les feuillages dont je vais m’occuper maintenant que nous avons remis le pot à l’abri des intempéries et du froid, dans la véranda.
Qui sait, peut-être nous offriront-ils à nouveau ce printemps des merveilles telles que celles qu’ils en présentaient à leur arrivée, comme ont peut le voir sur la photo ci-dessous…

Ecriplume

Nos premiers « bébés maison »

Alors que tous les nouveaux rosiers commandés sont désormais installés, deux mini événements sont venus compléter cette période de plantations dans le jardin.
Pour la première fois, deux boutures que mon Capitaine avait faites à partir de l’un de mes rosiers sont arrivés suffisamment à maturité pour quitter la « pouponnière » et pour rejoindre la roseraie.
Il s’agit de deux jeunes Mme de la Vallière, rosier allemand de Kordès que j’ai déjà présenté dans ces colonnes.

Tous deux sont en pleine santé et ne semblent pas avoir souffert de leur déménagement…
Pour mémoire, ces rosiers élancés au port très droit donnent des roses blanches au coeur délicatement rose.
Je ne suis pas séduite par leur parfum léger et vaguement anisé, mais la fleur en elle-même est de toute beauté…
Ces deux nouveaux arrivants portent à 54 le nombre des rosiers actuellement plantés…
Et trois autres emplacements ont déjà été préparés pour accueillir de nouveaux coups de coeur!
Lorsqu’ils seront là, ils clôtureront la première partie de la roseraie… qui devrait bénéficier d’une autre ligne de rosiers l’an prochain… si mon jardinier en chef accepte de poursuivre la quête!

Ecriplume

Queen of Elisabeth

Queen of Elisabeth.
C’est mon fils qui m’a offert ce rosier en avril 2019, rosier qui m’était jusqu’alors totalement inconnu…
Ne le connaissant pas, nous l’avons planté entre les pieds de vigne, dans ce que j’appellais « la zone expérimentale » du jardin.
Les rosiers inconnus qui m’ont été offerts y ont passé la saison, le temps de fleurir, de me permettre de découvrir leurs fleurs et leurs parfums, et de commencer mes recherches à leur sujet. Aujourd’hui, les rosiers testés ont tous trouvé leur place dans la roseraie? Ne reste plus que le Rosier de Poligny qui restera près de la vigne pour la protéger des maladies.
Queen Elisabeth nous a offert des fleurs de couleur rose clair, très fraîches.
J’ai cherché et j’ai appris que cette variété créée en 1954 est un incontournable des jardins de roses
Renommé pour sa vigueur et la grâce de ses fleurs sans épines, il plaît beaucoup.
Ce rosier Grandiflora a été obtenu par croisement d’hybrides de thé et de rosiers floribundas, comme tous les rosiers modernes de ce nom.
Ce qui est un peu original pour celui-ci, c’est qu’il est le premier rosier américain à entrer dans le jardin.


Il a été créé par l’américain Walter Lammerts (1904-1996) qui a été le premier à obtenir ce genre d’hybrides.
Sa découverte a poussé l’American Rose Society à ouvrir une nouvelle classe de roses, celle, donc, des rosiers Grandiflora.
Leur caractéristique est de donner des plantes plus petites que les hybrides de thé, mais qui fleurissent autant que les floribundas.
Queen Elisabeth a été, dit-on, l’un des rosiers les plus vendus au monde dans toute la moitié du XXe siècle.
Issu de Charlotte Amstrong et de Floradora, il a reçu de nombreuses récompenses internationales, parmi lesquelles, en 1978, celle de la Rose favorite du monde. Tous les trois ans, ce titre, qui est la plus haute distinction internationale que l’on peut décerner à une rose, est attribué par la Fédération Mondiale des Société de Roses (World Federation of the National Rose Societies). Cette association internationale regroupe des sociétés de roses dans 37 pays du monde.
Les prix ne se sont d’ailleurs pas arrêtés là. Parmi eux, Je citerai simplement en 2015, toujours aux Etats-Unis, un Award of Excellence for Best Established Rose.
Très vigoureux, Queen Elisabeth donne de grandes fleurs de 9 à 10 cm de diamètre et est très remontant.
Des fleurs toute l’année sur un rosier solide… ce sont de belles qualités… à laquelle j’aurais aimé que s’ajoute un parfum puissant.
Le sien est malheureusement très léger.
Après cette première année au cours de laquelle il a donné quelques jolies roses, j’attends de voir si son nouvel emplacement pour sa deuxième année dans le jardin va l’inciter à multiplier sa floraison…
Mais pour sa première année, il a déjà rempli son contrat!
J’oubliais: il paraît que le port exceptionnel de ses roses signe des fleurs parfaites pour les bouquets.
J’ajouterai d’autres photos lorsque les floraisons 2020 auront lieu…

Ecriplume

A savoir: 

  • Type de Rosier: Rosier moderne américain, hybride de thé
  • Obtenteur: Walter Lammerts
  • Année d’Obtention : 1954
  • Appellation: 
  • Port: Rosier buisson
  • Famille: Grandiflora
  • Couleur: Rose pur  
  • Parfum: Très léger
  • Floraison: Remontante et constante de juin à octobre  
  • Résistance aux maladies: Bonne, mais parfois sensible au marsonia.
  • Hauteur:  jusqu’à 90 cm
  • Largeur: 1m 
  • Floraison: Remontante.
  • Diamètre de la fleur: 9 cm
  • Feuillage: Caduc.

Besoins:

  • Type de sol: Profond, meuble, fertile.
  • Climat: Tous.
  • Exposition: Soleil, mi-ombre
  • Distances de plantation: Environ 50 cm entre chaque pied. 

D’où vient son nom?
Baptisé en hommage à la reine Elisabeth II.

Le rosier à surprise…

De nombreux rosiers sont arrivés ces derniers jours, comme je l’ai expliqué récemment.
L’un d’eux présentait une particularité assez inattendue…
Arrivé en pot, le rosier anglais Charles Darwin de David Austin arborait discrètement un bouton…
Je ne sais pas s’il arrivera à éclore malgré la pluie et l’absence de soleil, mais j’avoue qu’il est porteur d’espoir.
Lorsqu’un rosier arrive, en automne ou au début de l’hiver, pour être planté, il se présente en racines nues ou en motte.
Jamais, en cette période, je n’avais vu l’un d’eux arborer un bouton.
Même si je sais à peu près ou très précisément à quoi ressembleront leurs fleurs, chacun d’eux reste une sorte de paquet surprise, un cadeau de Noël qui resterait emballé jusqu’au printemps…
Ils ont beau être plantés immédiatement ou presque, ils n’apparaissent dans toute le beauté qu’à la première floraison, quelques mois plus tard.Là, ce bouton pourrait lever le voile plus tôt que prévu sur un rosier que j’ai, comme tous les autres, très envie de découvrir.
Les fleurs de Charles Darwin sont d’un jaune éclatant tirant parfois sur l’abricot selon le temps.
Elles sont connues pour leur beauté et leur parfum puissant.
Bref, elle pourraient rivaliser avec mon autre rosier d’or: Golden Celebration.
Je ne présente mes rosiers en détails que lorsqu’ils ont fleuri, pour pouvoir accompagner la présentation de mes propres photos.
S’il tient la promesse qu’il me fait… il pourrait être présenté plus tôt que prévu…

Ecriplume

L’arbre aux nectarines…

Au printemps 2018, le jour de mon anniversaire, mon mari et moi avons fait un crochet par un Jardiland où je suis tombée en arrêt devant un arbre en fleur, présenté un pot.
C’était un jeune nectarinier.

Mon mari, voyant ma réaction, me l’a offert, et l’a planté dans le jardin quelques heures à peine après son arrivée.
Avec le temps, ses fleurs ont fait place à des boutons de fruits.
Ils étaient si nombreux que les spécialistes des arbres qui passaient par là nous conseillaient d’en retirer car, selon eux, il y en avait trop.
Ce qui risquait de poser problème au moment de l’épanouissement des fruits.
A leur avis, l’arbre n’aurait pas la force de mener à bien une telle abondance
Nous n’avons suivi ce conseil que très mollement, je l’avoue…
Et l’été a débuté.
Les fruits mûrissaient et l’arbre ne donnait pas de signe de fatigue.
Est ensuite arrivé le mois d’août.

Les nectarines sont toutes arrivées à maturité.
Nous les dégustions sur l’arbre, sucrées, juteuses, odorantes à souhait…
Ce fut l’un des nombreux jolis souvenirs de ce premier été passé en Franche-Comté…

L’an suivant, l’arbre n’a donné ni fleur ni fruit.
Mais, m’a-t-on expliqué, ce n’était pas une situation anormale.
Les arbres donnent une belle récolte une année sur deux… c’est ce qui s’appelle l’alternance.
J’attends donc le printemps prochain avec une certaine impatience, pour vérifier l’adage!

Ecriplume


Les vanille-fraise

J’ai craqué pour les hortensias Vanille Fraise dès que je les ai vus la première fois.
Ils ont la particularité de fleurir en cônes d’un blanc immaculé pendant les premières semaines, puis de voir leurs fleurs devenir roses pâle au fil de la saison, jusqu’à atteindre un rose presque rouge lorsque les fleurs fanent.


Ma belle-mère, qui est une experte en jardinage, véritable encyclopédie humaine en matière de noms de végétaux, nous en a offert un pied qui a été planté devant la véranda.
Les fortes chaleurs et le soleil puissant de ces étés de plus en plus chauds interviennent sur sa floraison qui n’est pas toujours aussi homogène que prévu.
Mais il reste beau et le voir évoluer est un ravissement.
Il faut dire qu’il supporte mieux la sécheresse et le plein soleil que ses congénères

Ecriplume

L’arrivée des nouveaux rosiers

Tandis que les dernières roses fleurissent toujours ou s’apprêtent à le faire, la plantation des nouveaux rosiers se poursuit.
Une dizaine a déjà été plantée, trois rosiers déjà installés vont être déplacés et trois autres doivent encore arriver.
Dans cette terre difficile qui est la particularité de notre coin, il est compliqué de préparer la terre pour assurer la réussite des plantations.
Mon mari a travaillé sans relâche… et tous ceux déjà plantés semblent se plaire dans leur nouvel environnement.
Mais commander des rosier réserve parfois des surprises pas toujours agréables.
Cette année, je me suis adressée, pour la plupart de mes commandes, au site Promesse de Fleurs.
J’apprécie particulièrement la qualité de leur site internet, les informations abondantes et la variété des végétaux proposés.
Il y a cependant eu quelques contretemps…
Trois des rosiers commandés n’ont pas pu être livrés, car leur état ne permettait pas d’être vendus.
C’était ennuyeux, mais j’ai apprécié le fait qu’ils n’envoient pas n’importe quoi.
L’horticulture est une activité dépendante de certains impondérables, de la météo… et il arrive que quelques végétaux ne « prennent » pas…
J’ai donc commandé ailleurs les rosiers absents.
J’ai aussi appris que certains de ceux commandés en motte arriveraient finalement en racines nues.
Et, enfin, j’ai été informée qu’il y aurait un petit retard pour la livraison des deux derniers que j’attends pour le courant de ce mois.
Jusqu’ici, tout ce qui m’a été livré est arrivé en bon état, à l’exception d’un rosier, Gertrud Jekyll, donc une branche était cassée… ce qui peut arriver.
Enfin, le rosier commandé directement chez David Austin est, comme à son habitude, arrivé dans un état remarquable.
Nous verrons avec le temps si tous ces nouveaux arrivants tiendront leurs promesses…

Martine Péters